Attribution first-click ou last-click : comprendre les modèles d'attribution marketing

Les modèles d'attribution first-click et last-click permettent d'identifier les points de contact qui génèrent vos conversions et d'optimiser vos investissements publicitaires en fonction des performances réelles de chaque canal.

Attribution first-click ou last-click : comprendre les modèles d'attribution marketing

le

20 nov. 2025

Attribution first-click ou last-click : comprendre les modèles d'attribution marketing pour optimiser vos investissements

Introduction : La fin de l'attribution simpliste

Imaginez que vous investissiez 50 000 euros dans une campagne Google Ads et 20 000 euros en Facebook Ads. À la fin du mois, vous obtenez 200 conversions. Mais voici la question qui hante chaque directeur marketing : quel canal a vraiment généré ces résultats ? La réponse dépend entièrement du modèle d'attribution que vous utilisez. Et elle peut transformer radicalement vos décisions budgétaires.

Dans un parcours client devenu extrêmement fragmenté, un consommateur interagit en moyenne avec 6 à 8 points de contact avant de finaliser un achat. Il découvre peut-être votre marque via un post Instagram, effectue une recherche Google trois jours plus tard, reçoit un email promotionnel, puis clique finalement sur une publicité de retargeting avant de convertir. Qui mérite le crédit de cette vente ? Le premier contact qui a éveillé l'intérêt ? Le dernier qui a déclenché l'action ? Ou l'ensemble du parcours ?

Les modèles d'attribution marketing apportent des réponses à cette équation complexe. Parmi eux, les approches first-click et last-click représentent les deux extrémités du spectre : l'une valorise la découverte initiale, l'autre la conversion finale. Comprendre leurs mécanismes, leurs forces et leurs limites devient indispensable pour quiconque souhaite allouer intelligemment ses budgets marketing et mesurer avec précision la performance de chaque canal. Car dans un contexte où chaque euro investi doit être justifié, choisir le mauvais modèle d'attribution peut vous conduire à sur-investir dans des canaux inefficaces et à négliger vos véritables moteurs de croissance.

Le modèle d'attribution last-click : l'obsession de la conversion finale

Le principe du dernier contact décisif

Le modèle d'attribution last-click attribue 100 % du crédit de la conversion au dernier point de contact avant l'achat. Simple. Brutal. Efficace ? C'est le modèle historiquement dominant dans l'analyse marketing digital, notamment parce qu'il était le plus facile à implémenter techniquement à l'époque des débuts du tracking web.

Concrètement, voici comment il fonctionne. Un utilisateur découvre votre produit via une publicité Facebook, effectue deux recherches organiques sur Google dans les jours suivants, ouvre un email promotionnel sans cliquer, puis finalement clique sur une annonce Google Ads et achète. Dans le modèle last-click, Google Ads reçoit 100 % du crédit. Les autres canaux ? Invisibles dans vos rapports de performance.

Cette approche présente un avantage indéniable : elle facilite la mesure directe du ROI. Vous savez exactement combien vous avez dépensé sur le dernier canal et combien de conversions il a générées. La simplicité de calcul séduit encore aujourd'hui de nombreux annonceurs, particulièrement dans les organisations où les équipes marketing et finance recherchent des KPI clairs et indiscutables.

Pourquoi le last-click domine encore

Selon les données du secteur, le modèle last-click reste le plus utilisé, notamment dans Google Analytics en configuration par défaut. Cette domination s'explique par plusieurs facteurs pratiques. D'abord, il correspond intuitivement à une logique commerciale classique : dans une boutique physique, c'est le vendeur qui conclut la vente qui reçoit la commission, pas celui qui a accueilli le client à l'entrée.

Ensuite, le last-click s'avère particulièrement adapté à certains contextes marketing spécifiques. Pour les campagnes de retargeting, par exemple, où l'objectif explicite est de ramener des visiteurs déjà conscients de votre offre vers la conversion, ce modèle mesure exactement ce que vous cherchez à évaluer : l'efficacité du push final. De même, pour des produits à cycle d'achat court où la décision se prend rapidement, l'attribution au dernier clic reflète assez fidèlement la réalité du parcours.

Les équipes de performance marketing apprécient également sa capacité à identifier les leviers de conversion immédiate. Quand vous devez optimiser rapidement le bas de votre tunnel et transformer des prospects déjà qualifiés, le modèle last-click vous indique précisément quels canaux finalisent effectivement les ventes.

Les angles morts dangereux du last-click

Mais cette simplicité cache un piège majeur. Le last-click ignore systématiquement tous les efforts marketing qui ont construit la notoriété, généré l'intérêt initial et nourri la considération. Il crée une vision déformée de la réalité, où les canaux du haut de l'entonnoir semblent improductifs alors qu'ils sont souvent essentiels au processus de conversion.

Prenons un exemple concret. Une marque de cosmétiques investit dans des campagnes display pour développer sa notoriété auprès d'une nouvelle audience. Ces campagnes génèrent des milliers d'impressions et de premières visites. Quelques semaines plus tard, ces visiteurs recherchent directement la marque sur Google, cliquent sur une annonce de marque et achètent. Dans le modèle last-click, les campagnes display affichent un ROI catastrophique de 0 %, tandis que les annonces de marque semblent miraculeusement rentables. La décision qui en découle ? Couper les budgets display et augmenter les annonces de marque. Résultat : quelques mois plus tard, les conversions s'effondrent car aucune nouvelle audience n'est alimentée en haut du tunnel.

Ce biais systématique favorise artificiellement les canaux de conversion directe comme le search de marque, les campagnes d'emailing sur base clients, ou le retargeting, tout en pénalisant les investissements en acquisition froide, en display, en vidéo ou en social media. Pour les marques qui développent leur notoriété ou lancent de nouveaux produits, le last-click devient un indicateur contre-productif qui pousse à sous-investir précisément là où elles devraient mettre l'accent.

Le modèle d'attribution first-click : valoriser la découverte initiale

La logique du premier contact

À l'opposé du spectre, le modèle d'attribution first-click attribue 100 % du crédit de la conversion au tout premier point de contact entre l'utilisateur et votre marque. La philosophie sous-jacente ? Sans cette première interaction, rien d'autre n'aurait pu se produire. C'est l'étincelle initiale qui mérite reconnaissance.

Reprenons notre exemple précédent en inversant la perspective. L'utilisateur clique d'abord sur une publicité Facebook, effectue ensuite deux recherches organiques, reçoit un email, puis convertit via Google Ads. Dans le modèle first-click, Facebook obtient 100 % du crédit. L'annonce Google Ads qui a directement déclenché l'achat ? Elle devient statistiquement invisible.

Cette approche trouve sa justification dans une compréhension marketing fondamentale : acquérir un nouveau client commence toujours par capter son attention. Dans un environnement saturé de messages publicitaires, réussir à faire découvrir votre marque à quelqu'un qui ne la connaissait pas représente une victoire significative. Le first-click mesure précisément cette capacité d'acquisition.

Quand le first-click révèle sa pertinence

Le modèle first-click s'avère particulièrement pertinent pour les entreprises dont l'objectif prioritaire est la notoriété et l'acquisition de nouvelles audiences. Si vous lancez une startup, développez une nouvelle marque, ou pénétrez un marché inexploité, comprendre quels canaux génèrent réellement la découverte initiale devient crucial.

Les équipes marketing en charge du haut de l'entonnoir trouvent dans ce modèle un allié précieux. Il valorise enfin leurs efforts en content marketing, en publicité display, en campagnes vidéo ou en partenariats d'influence, tous ces investissements dont l'impact réel reste difficile à démontrer avec les modèles traditionnels. Pour une marque B2B avec un cycle de vente de 6 à 9 mois, par exemple, le first-click permet d'identifier quels contenus ou événements ont véritablement initié les relations commerciales qui se concrétisent des trimestres plus tard.

Ce modèle présente aussi un avantage stratégique pour l'analyse de la diversification des sources de trafic. En identifiant les canaux qui amènent de nouveaux utilisateurs dans votre écosystème, vous pouvez mieux calibrer vos investissements d'exploration et éviter la dépendance excessive à quelques canaux de conversion.

Les limites d'une vision partielle

Mais le first-click souffre d'un défaut symétrique à celui du last-click : il ignore tout ce qui se passe après le premier contact. Et dans de nombreux cas, ce qui suit s'avère tout aussi décisif, sinon plus, que l'interaction initiale.

Imaginons qu'un utilisateur clique sur une publicité display par curiosité, visite votre site 30 secondes et repart. Trois semaines plus tard, après avoir reçu cinq emails de nurturing soigneusement conçus, lu trois articles de blog détaillés, et participé à un webinaire, il décide finalement d'acheter. Le first-click attribue tout le mérite à cette publicité display qui n'a généré qu'une visite superficielle. Les emails, le contenu, le webinaire ? Aucune reconnaissance.

Ce modèle crée ainsi un autre type de distorsion. Il survalorise les canaux d'acquisition froide et les points de contact initiaux, même lorsque leur qualité reste médiocre. Un canal peut générer énormément de premiers clics avec un taux de rebond de 90 %, mais continuer à apparaître performant dans vos rapports si quelques visiteurs finissent par convertir des semaines plus tard après avoir été exposés à d'autres initiatives marketing.

Pour les organisations qui investissent massivement dans la maturation des leads, dans l'email marketing, dans les stratégies de retargeting ou dans les programmes de fidélisation, le first-click devient trompeur. Il sous-évalue systématiquement tous les efforts déployés pour transformer un contact initial en client payant, efforts qui représentent souvent la majorité du travail marketing.

Choisir entre first-click et last-click : une question d'objectifs et de contexte

Analyser votre cycle d'achat et votre maturité de marque

La question n'est pas de déterminer quel modèle est objectivement meilleur. Elle est de comprendre lequel s'aligne le mieux avec vos objectifs stratégiques actuels et votre réalité business. Cette décision dépend d'abord de la longueur et de la complexité de votre cycle d'achat.

Pour un produit à décision rapide, comme un achat impulsif d'accessoire mode ou la commande d'un repas en ligne, le parcours client compte généralement 1 à 3 points de contact sur une période de quelques heures ou jours. Dans ce contexte, la différence entre first-click et last-click devient négligeable. Le dernier contact est souvent aussi le premier ou le second. Le last-click suffit généralement.

À l'inverse, pour un logiciel B2B vendu 50 000 euros par an avec un cycle de vente de 6 mois impliquant 15 à 20 interactions, les deux modèles offrent des perspectives radicalement différentes et également partielles. Ici, les modèles mono-touch montrent leurs limites et appellent soit une utilisation complémentaire des deux, soit l'adoption de modèles multi-touch plus sophistiqués.

Votre maturité de marque joue également un rôle déterminant. Une startup en phase de lancement qui doit absolument générer de la notoriété bénéficiera davantage du first-click pour mesurer l'efficacité de ses efforts d'acquisition. Une marque établie qui optimise ses taux de conversion et travaille principalement sur une base de prospects déjà qualifiés trouvera plus de valeur dans le last-click.

Adapter le modèle à vos priorités marketing

Les experts recommandent d'aligner explicitement votre choix d'attribution avec vos priorités stratégiques du moment. Si votre direction vous a fixé des objectifs de pénétration de nouveaux marchés et de croissance du volume de leads, le first-click vous donnera les insights nécessaires pour identifier quels canaux alimentent réellement votre pipeline. Vous pourrez ainsi investir intelligemment dans l'expansion de votre audience.

Si au contraire votre enjeu principal est l'amélioration du taux de conversion et de la rentabilité immédiate, le last-click vous permettra d'optimiser la dernière étape du parcours et d'identifier précisément quels leviers transforment effectivement l'intérêt en achat. C'est particulièrement pertinent pour les équipes performance dont les bonus dépendent du coût d'acquisition client et du ROI à court terme.

Certaines organisations sophistiquées adoptent une approche hybride : elles utilisent le first-click pour piloter leurs équipes acquisition et branding, et le last-click pour leurs équipes conversion et performance. Chaque équipe dispose ainsi d'un indicateur aligné avec sa mission spécifique. Cette approche nécessite toutefois une maturité organisationnelle et analytique élevée pour éviter les conflits d'interprétation et les guerres de territoire entre services.

Les alternatives et l'évolution vers le multi-touch

La réalité, c'est qu'aucun modèle mono-touch ne capture fidèlement la complexité des parcours clients modernes. Le modèle linéaire, qui distribue le crédit équitablement entre tous les points de contact, offre une vision plus équilibrée. Le modèle en U ou basé sur la position valorise à la fois le premier contact (discovery) et le dernier (conversion) tout en accordant un crédit moindre aux interactions intermédiaires.

Les modèles algorithmiques ou basés sur les données, qui utilisent le machine learning pour déterminer la contribution réelle de chaque point de contact en fonction de patterns statistiques, représentent l'avenir de l'attribution. Google Analytics 4 propose notamment un modèle data-driven qui analyse des millions de parcours pour identifier quels touchpoints ont le plus d'influence sur la conversion. Ces approches nécessitent toutefois un volume de données important et une infrastructure analytique avancée.

Pour les entreprises qui débutent dans l'attribution marketing, commencer par comparer systématiquement les résultats en first-click et last-click offre déjà des insights précieux. L'écart entre les deux révèle beaucoup sur la structure de vos parcours clients. Si vos résultats sont quasi identiques, votre cycle d'achat est probablement court et direct. Si l'écart est massif, avec des canaux complètement différents selon le modèle, vous avez un parcours complexe qui nécessite une approche d'attribution plus sophistiquée.

La technologie évolue rapidement. Les réglementations sur la confidentialité comme le RGPD et la disparition progressive des cookies tiers complexifient le tracking multi-touch. Mais elles rendent d'autant plus critique la compréhension des fondamentaux : savoir ce que chaque modèle mesure vraiment, ce qu'il valorise, et ce qu'il néglige.

Conclusion : De l'attribution simpliste à la vision stratégique

Choisir entre le modèle d'attribution first-click et last-click n'est pas une décision technique anodine déléguée à votre équipe analytics. C'est un choix stratégique qui influence directement l'allocation de vos budgets marketing, l'évaluation de vos équipes, et ultimement, la croissance de votre entreprise.

Le last-click vous dira quels canaux finalisent vos ventes. Le first-click vous révélera lesquels construisent votre audience. Ni l'un ni l'autre ne vous donnera une vérité absolue sur ce qui fonctionne vraiment. Mais ensemble, ils offrent deux perspectives complémentaires sur votre performance marketing, comme deux instruments qui mesurent des dimensions différentes d'une même réalité.

La maturité marketing se manifeste précisément dans cette capacité à dépasser la quête d'un modèle parfait unique. Elle réside dans la compréhension que chaque modèle d'attribution est un filtre qui éclaire certains aspects tout en en masquant d'autres. Les organisations les plus performantes n'utilisent pas un seul modèle. Elles en analysent plusieurs simultanément, comprennent leurs biais respectifs, et prennent des décisions éclairées par cette vision multidimensionnelle.

Commencez par maîtriser les fondamentaux du first-click et du last-click. Analysez les écarts qu'ils révèlent dans vos données. Questionnez ce que ces écarts vous apprennent sur vos parcours clients. Puis, progressivement, explorez des modèles plus sophistiqués qui correspondront à la complexité croissante de vos enjeux. L'attribution marketing n'est pas une destination, c'est un voyage d'amélioration continue de votre compréhension client. Et ce voyage commence par poser les bonnes questions à vos données, pas par chercher une réponse unique et définitive.

Fond d'écran d'acceuil ONYRI Strategy
Logo ONYRI

Transformez la façon dont les équipes travaillent ensemble

Des solutions adapter à vos besoins

Fond d'écran d'acceuil ONYRI Strategy
Logo ONYRI

Transformez la façon dont les équipes travaillent ensemble

Des solutions adapter à vos besoins

Fond d'écran d'acceuil ONYRI Strategy
Logo ONYRI

Transformez la façon dont les équipes travaillent ensemble

Des solutions adapter à vos besoins